12 mars 2010

flo8

Alors voila. Ce post est mon dernier post avant que la boucle ne soit bouclée, celle de ce blog, de nos lettres a distance, un au-revoir a la gare qui devient une arrivée synchro dans la même gare ! Les dates sont synchro aussi, on part un 20, on change de continent un 20 et on revient un 20… Tout le reste se mélange. Si je n’avais pas mes carnets pour instaurer une trace de chronologie, je te jure que je me ferais de sacrés voyages temporels imagino-mémoriaux. Enfin je dois quand même avouer, je n’ai pas vu ces 2 ans (presque, ne nous vieillissons pas trop) passer.

Voila. Un autoportrait datant de la semaine ou je suis partie. Parce que tout de même, on ne nous voit pas souvent par ici. J’attends ton post du vendredi qui sera surement en retard (huhu) et que l’on écrira du coup ensemble sur un même clavier d’ordinateur le samedi si je ne tombe pas de sommeil. Sinon, tu pourras toujours l’écrire pendant que je fais la sieste et que tu manges les bons fromages de chèvre que ma famille aura apporté, soucieux qu’ils sont de mon cruel manque gastronomique. Ah NON ! Tu ne touches pas aux fromages !!! Les KitKat au chocolat blanc, ou au sakura-macha, ok… et puis le thé, et… hum je devrais stopper ici avant de faire trop de jaloux. Demain je poste un carton plein. De quoi tenter de contourner la dépression latente.

Voila. Le jour ou je t’ai proposé de faire ce blog nous étions au labo couleur et je me demandais avec une pointe d’appréhension si tu trouverais ca bien.

J’ai parfois l’impression d’être partie hier.


8 mars 2010

Bon temps rouler

mur

Ma chère Flora,

Les mots suivants vont sans doute te faire grogner mais que veux-tu j’y pense, j’y pense … Encore un post chacune avant le post à 4 mains, avant les posts à seulement 300 km d’écart, avant peut-être un nouveau fonctionnement pour Pensées-Images ! Ça m’émoustille de bientôt retrouver ma copine, de lui coller un gros bisous sonore sur la joue et de lui demander « bon alors quand est-ce qu’on se fait une bouffe, un goûter de minis makis d’azuki ? »  Huhu !

En attendant nous continuons de découvrir Lyon et nous dénichons de chouettes petits endroits à vous faire partager : la rue Burdeau qui est la rue des galeries (une chouette expo à la Galerie Françoise Souchaud si tu veux aller voir, Julien a beaucoup aimé et il a bien raison), les bouquinistes des quais de la Saône, bien meilleurs que les trop connus bouquinistes de Paris ; les bouquinistes lyonnais sont beaucoup plus sérieux et vendent autre chose que des bêtises à touristes. Si tu es en manque de flânerie parmi les livres cela devrait te plaire. Que des bons trucs et pour pas cher. J’y ai acheté ce midi un petit bouquin de Henri Callahan pour la modique somme de 6 €, une bonne affaire. Ses surimpressions me font penser à nos pellicules aller-retour (du bon pain sur la planche en perspective).

Et puis il y a encore l’inépuisable parc de la Tête d’Or, immense, mes pauvres gambettes étaient moulues, Julie V. qui nous a rendu visite ce week-end n’en pouvait plus ! On y croise entre autres choses un troupeau de biches et de cerfs pas farouches. Il faudra prévoir du pain sec pour les cygnes, les oies, les canards, les poules d’eau.

Et puis en fin d’aprèm’ comme il faisait froid et qu’il commençait à neiger (maintenant tout est blanc) nous avons été au cinéma La Fourmi. Tarif réduit pour tout le monde et pour toute les séances, des salles minuscules, des écrans tout pareil (forcément, c’est proportionnel) et le dernier film des frères Cohen, A serious man, un film à l’humour et à la sagesse juifs.

Bref, un bon week end de passé et beaucoup d’autres encore à venir !


26 février 2010

Cristalisation

glace

Ma chère Maïa,

Après avoir eu très froid, le printemps commence a faire signe: il fait doux. Pourquoi est-ce que je parle du temps qu’il fait ? Ne pas laisser aller des propos plus chargés de sens…

Je suis un peu fatiguée. Que du positif hein ! Mais épuisée quand même. Y a pas a dire, Tokyo c’est fort peuplé. Même si il y a des endroits calmes, le rythme sous-jacent nous tient en mode rapide. Les rares haltes aux parcs ne sont que des ellipses, les bénéfices aussitôt bouffés par les rues, les gens, l’activité..

La bouffée d’air frais autour du Fujisan était très agréable. Marcher dans la neige… il y avait longtemps !!! Les arbres gelés, les couleurs, le silence, juste les « scrich scrich » des chaussures dans la neige. Les « plic plic » de la neige qui fond. Le « CHKLAK CHKLAK » du Blad…

A force d’avoir envie de faire pleins de choses, on en fait trop, bien qu’on ne le regrette pas. J’ai la tête en l’air et l’énergie dans les chaussettes. Et le compte a rebours qui devient tellement petit qu’il n’est plus possible de croire qu’il reste « plus ou moins »… Tic tac tic tac. Clic clac clic clac. Tout s’enchaine. Aujourd’hui nous sommes allé au musée Ghibli. J’ai deja l’impression que c’était hier.

La neige fond. Des gens rigolent dans un petit resto près de notre fenêtre. J’ai fini le pot d’azukis toute seule. Et je vais aller me coucher.

また !


18 février 2010

Vu !

fruits-rouges

Ma chère Flora,

C’est rare, j’ai du réseau aujourd’hui (dans la véranda !), j’en profite pour écrire un post, ça tombe bien on est vendredi, hum hum.

Aujourd’hui, temps arlésien à Lyon, ça remonte un peu le moral.

Ce qui me réjouit aussi un peu c’est de pouvoir voir enfin quelques vues faites cet été. Le scanner public ne fait pas des merveilles, voir même plutôt du carnage mais il a le mérite de me faire entrevoir mes images. En voici donc un petit exemple. Et encore une colle pour Véron qui saura peut-être quel est cet arbre qui m’étonne, lourd de baies rouges en grappes, surement pas recommendées à déguster avec un peu de crême fouettée (arbre trouvé dans les Alpes, ça peut aider et ça rappelle de chouettes souvenirs de vacances).

Flora, tu t’inquiètes de votre retour, ou aussi de votre prochaine destination finalement. Tu t’inquiètes peut-être de trop ou pas assez retrouver, du décalage, de la suite. Ne t’inquiète pas. Ou plutôt si, inquiète toi maintenant, un peu à l’avance car je pense que comme cela  les choses vous sembleront plus simples, naturelles une fois le moment venu. Il s’agit sans aucun doute d’un nouvel aller pour quelque part, d’un nouveau voyage, d’une nouvelle aventure avec plein de projets (nouveaux !) à construire. Je suis que vous avez déjà des tas de gens à voir, des tas de choses à faire, brefs un peu d’attentu et beaucoup d’imprévu en perspective. Et pour la bidouille au cyanotype j’ai déjà quelques idées (cyanotype sur papier jaune par exemple) ! Et puis je te rappelle que nous avons du pain sur la planche avec nos pelloches « aller-retour ». Et puis et puis et puis … j’ai drolement hate de vous revoir le nez au milieu de la figure !


12 février 2010

Quarries stories

Chère Maïa,

quarry

Un peu de chaud et de soleil, de retour en arrière pour faire la balance avec ce temps qui s’accélère ou semble l’être, un peu de nostalgie, beaucoup de beaux souvenirs, et la sensation que c’est une partie du monde qui m’appartient un peu. Que ces endroits nous ont tellement marqués.

La tête commence a se brouiller de fausses incompatibilités, comme si après avoir clamé haut et fort que nous ne voulions pas « rentrer » on en était définitivement hantés… On peut toujours essayer d’imaginer, ce sera différent. C’est certain. NOUS sommes différents. Vous l’êtes aussi.

Face au mur et face au monde, tout est possible.

Pourtant.


5 février 2010

Fil d’hiver

fil

Ma chère Flora,

L’avantage de la fenêtre de notre cuisine est l’on y voit plein d’arbres, nus et noirs pour le moment en dehors de ces petites grappes vertes pales. De temps en temps aussi une fine pellicule blanche les recouvrent mais les grappes vertes m’empêchent de faire une photo en noir et blanc. Il y a aussi un nid abandonné, je suppose, et plein de tous petits oiseaux qui sautillent de branches en branches et piaillent, si l’on a l’oreille fine, à longueur de journée. J’imagine que ce sont des pinsons mais jusqu’ici impossible de les photographier, ils sont si petits, si vifs (des lecteurs/lectrices auraient pu me renseigner !). Les malicieux se savent observés et je suis sûre que mon doigt à quelques millimètres du déclencheur ou mon souffle suspendu dégagent des ondes particulières, perçues par eux. Ça fait pareil avec les écureuils et un peu les chats et les chiens. Je n’ai pas encore essayé les éléphants qui ont été remisés pour l’hiver. Les gros bestiaux attraperaient  des rhumes, imagines-tu l’atchoum de l’éléphant par la trompe ??? Et la goutte à la trompe ? Les soigneurs du zoo seraient-ils obligés de les moucher ? Ciel.

Hier nous avons assisté au dîner des mangoustes, j’ignorais que ces si petites bêtes mangeaient une souris aussi vite. Deux crocs et une bouchée pour la tête, trois crocs et deux bouchées pour le corps, et enfin la queue qui s’avale tout rond. J’étais sidérée, ma douce Mimi y passerait la journée.

Quant à moi j’ai récemment rencontré un produit absolument diabolique, parfaitement, le nutella à coté c’est de la gnognotte. La texture est douce, fondante quoique très très légèrement granuleuse, la couleur chaleureuse et ‘naturelle’, et surtout, et c’est là que réside la diablerie, le goût n’est ni trop sucré ni trop écoeurant, il n’arrête ni cuillère, ni la gourmandise. Je parle bien sur mesdames et messieurs de la crème de spéculos ou spéculos à tartiner ! Ça se mange à toutes les sauces et surtout sans rien, natürlich. Il faut dire aussi que la froidure et des journées passées à se casser les yeux et le cerveau devant un foutu ordi appellent du SUUUCRE ! Du suuucre pour faire un CV qui tue, du suuuucre pour un site internet de la mort, du suuuuuuuuuucre pour les lettres de mot’ motivées comme avec de la cocaïne, du suuuuuucre, du suuuuuuucre, du suuuuuuuuucre et des cigarettes pour faire de jolis dossiers.

Vivement le printemps que j’ai envie de concombres.


29 janvier 2010

Dinette

Prendre le thé dans des tasses fleuries en porcelaine et manger des crêpes au milieu d’une salle de danse et s’y faire offrir une courge du jardin et montrer a tous des photos de son chat devant lequel on s’extasie a force de « KAWAIIIIIIIIIIIII !!!! », c’est bien !

Travailler ses projets, rencontrer de nouveaux problèmes a résoudre, avoir de nouvelles idées, c’est bien.

Que la température douce reviennent, c’est bien.

Tu vois… tout va bien. Sauf le rythme que l’on ne parvient toujours pas a dompter et les matins perdus car démarrés trop tard… On essaie mais il y a toujours quelque chose. Je vais finir par me résigner.

Et cet air de fêtard que je traine. Je me demandais si c’était l’age (et en écrivant ce mot sur le clavier japonais je me demande pourquoi la correction grammaticale automatique ne me propose pas l’accent circonflexe… rends toi compte de l’état de mon français… ) bon je disais est-ce l’age, mais comme les dames du cours de français ont cru que j’avais dans les 18 ans, alors je me pose encore plus de questions. Je suis sacrement balèze de partir a 16 ans de chez moi après avoir torché 7 années d’études supérieures… A quel age le bac ? Y a pas a dire, quelques boutons et pas de maquillage vous refaçonnent une vie. Ou alors c’est notre air décontracté, de gens pas enchainés à un travail, pas mariés, sans enfant ?

On essaie aussi de casser le mythe du français et de la France. Mais je ne sais pas si le message sera intégré définitivement. Surtout quand c’est Julien qui a fait les crêpes et qui se lève pour nous servir… alors faut les voir, elles donneraient tout pour vivre en France.

Pour l’heure nous sommes ici, et je vais vite profiter du beau temps au lieu de rester enfermée. Pleins de bises de cette ville un peu folle que j’ai bien du mal a dompter mais qui me chavire dans tous les sens. Ce qui n’est déjà pas si mal.

kanichi


22 janvier 2010

Chaton grognon

mimi

Ma chère Flora,

Ça y est, nous voilà vectorisés en un nouveau lieu, l’écart certes n’est pas très impressionnant, moins que la claque Cairns-Tokyo, il implique tout de même quelques modifications. Ici au moins je ne risque pas de croiser de tête connue !! (j’écris ça et tu vas voir que ça va m’arriver demain !). Les lieux, les rues, les coins de ville n’ont encore aucune familiarité, c’est étrange. Et arriver dans une nouvelle ville en hiver n’est pas forcément le meilleur moment … tu dois en savoir quelque chose, encore que tu as déjà passé du temps à Tokyo … en plein été ! Le froid nous freine, nous ratatine un peu, la nuit tombe si vite et les rues sont bien sombres (je suppose que bons nombres de lampadaires n’ont pas supportés l’épreuve de la neige et n’ont pas encore été remplacés, je n’exagère donc pas quand je parle de l’obscurité des rues). Aujourd’hui quand même le temps nous a sourit, un ciel bleu presque arlésien et du soleil qui chauffe tout l’appartement, charmant soit dit en passant, tu l’avais compris, du charme de l’originalité et de l’ancien, les inconvénients aussi … Mais trêve râleries, nous avons pu déjeuner dans la véranda, au soleil, je dois dire qu’on s’y croyait vraiment, qu’on s’la pétait grave !!! Tout le monde nous voit, c’est sure, les gens du vis-vis je veux dire, mais nous ne voyons personne, les fenêtres d’en face sont comme des miroirs. La Mimi par contre fait un peu la tête, elle n’a plus de grand volume à cavaler, d’escalier à dégringoler, de plantes à martyriser (elles sont en hauteur), c’est plus difficile de la mettre dans la rue et puis c’est vrai que ça sent le tabac froid. Pauvre minou. Heureusement les cartons et l’encombrement diminuent, des pistes de courses commencent à se dessiner … à condition de bien ouvrir les portes. Et puis à force d’encens, de bougies parfumées, de poisson frit et de pommes de terres à l’ail on va venir à bout de cette sale odeur ! Quand à moi, je fume dehors, sur le balcon, je suis irréprochable !


14 janvier 2010

Ça caille grave

feu

J’imagine que vous avez froid aussi… et ce ne sont ni les programmes tv ni le chauffage/clim qui nous rechauffent un peu. Heureusement de temps en temps on profite du soleil lorsqu’il parvient a traverser les hautes parois d’immeubles. Y a pas, on est plus habitués au froid. Et comme disent nos amis les danseurs Japonais qui ont vécu plusieurs années en France: « ça caille grave ! » ~ avec l’accent racaille c’est du plus bel effet ~

Bon sinon on ne s’ennuie pas. On fait des rencontres et on repense a Perth comme une vie absolument asociale. Un premier mois (presque) ici bien rempli, positivement. Seul petit hic: riches comme Crésus ( impôts Australiens recupérés hinhinhin…) et galérer pour payer son loyer parce que nos cartes ne marchent pas comme on le voudrait… pas marrant ! Donnez moi mes souuuuuuus !!!

Malgré le froid je me fais des glaces au macha assez souvent, j’en profite comme je peux ! Quand on ne cuisine pas on va dans des boubouis a Soba ou Udon pas chers, certes pas succulents non plus mais acceptables, au moins c’est chaud et ça rempli le ventre. Sushis pas trop souvent, c’est plus cher quand même… on reste 3 mois faut pas abuser.

Sur ce, je te laisse car je dois aller prendre un train pour aller visiter une école de danse contemporaine et faire office de cobaye dans un cours de Français. Prends soin de toi… et de R2D2. See ya !


7 janvier 2010

C’est pas trop tôt

carton

Finalement le temps était gris, très, plombé, il faisait si froid ! mes doigts étaient tout bleus, et le lieu vide sans lumière, sans chaleur encore, ne m’a guère inspiré. Aussi je ne vous offre que ce carton vide a remplir, déjà rempli depuis. Des photos viendront sûrement plus tard quand nous y seront vraiment et que de joyeux rayons de soleil illumineront notre belle véranda, véranda « à l’ancienne » s’il vous plaît, avec des carreaux colorés, rose, vert, jaune et des carreaux style « vitrail » avec des motifs géométriques et floraux. Une véranda pour accueillir les amis, discuter, prendre des thés dans des tasses minuscules, faire pousser du persil et de la ciboulette, et beaucoup d’autres choses encore.

Mais non di d’jou ! on a sué, on a raqué, on a signé et enfin on a les clés !!!! Et d’ici dix jours on dit au revoir au ciel bleu impitoyable de Arles, au mistral, aux Alpilles, à la Camargue, aux olives du marché et on dit bonjour aux rues enneigées ! Soulagés de partir avec tout de même une pointe de nostalgie, ce sont les meilleurs départs, et je parle à une connaisseuse !