5 février 2010

Fil d’hiver

fil

Ma chère Flora,

L’avantage de la fenêtre de notre cuisine est l’on y voit plein d’arbres, nus et noirs pour le moment en dehors de ces petites grappes vertes pales. De temps en temps aussi une fine pellicule blanche les recouvrent mais les grappes vertes m’empêchent de faire une photo en noir et blanc. Il y a aussi un nid abandonné, je suppose, et plein de tous petits oiseaux qui sautillent de branches en branches et piaillent, si l’on a l’oreille fine, à longueur de journée. J’imagine que ce sont des pinsons mais jusqu’ici impossible de les photographier, ils sont si petits, si vifs (des lecteurs/lectrices auraient pu me renseigner !). Les malicieux se savent observés et je suis sûre que mon doigt à quelques millimètres du déclencheur ou mon souffle suspendu dégagent des ondes particulières, perçues par eux. Ça fait pareil avec les écureuils et un peu les chats et les chiens. Je n’ai pas encore essayé les éléphants qui ont été remisés pour l’hiver. Les gros bestiaux attraperaient  des rhumes, imagines-tu l’atchoum de l’éléphant par la trompe ??? Et la goutte à la trompe ? Les soigneurs du zoo seraient-ils obligés de les moucher ? Ciel.

Hier nous avons assisté au dîner des mangoustes, j’ignorais que ces si petites bêtes mangeaient une souris aussi vite. Deux crocs et une bouchée pour la tête, trois crocs et deux bouchées pour le corps, et enfin la queue qui s’avale tout rond. J’étais sidérée, ma douce Mimi y passerait la journée.

Quant à moi j’ai récemment rencontré un produit absolument diabolique, parfaitement, le nutella à coté c’est de la gnognotte. La texture est douce, fondante quoique très très légèrement granuleuse, la couleur chaleureuse et ‘naturelle’, et surtout, et c’est là que réside la diablerie, le goût n’est ni trop sucré ni trop écoeurant, il n’arrête ni cuillère, ni la gourmandise. Je parle bien sur mesdames et messieurs de la crème de spéculos ou spéculos à tartiner ! Ça se mange à toutes les sauces et surtout sans rien, natürlich. Il faut dire aussi que la froidure et des journées passées à se casser les yeux et le cerveau devant un foutu ordi appellent du SUUUCRE ! Du suuucre pour faire un CV qui tue, du suuuucre pour un site internet de la mort, du suuuuuuuuuucre pour les lettres de mot’ motivées comme avec de la cocaïne, du suuuuuucre, du suuuuuuucre, du suuuuuuuuucre et des cigarettes pour faire de jolis dossiers.

Vivement le printemps que j’ai envie de concombres.


29 janvier 2010

Dinette

Prendre le thé dans des tasses fleuries en porcelaine et manger des crêpes au milieu d’une salle de danse et s’y faire offrir une courge du jardin et montrer a tous des photos de son chat devant lequel on s’extasie a force de « KAWAIIIIIIIIIIIII !!!! », c’est bien !

Travailler ses projets, rencontrer de nouveaux problèmes a résoudre, avoir de nouvelles idées, c’est bien.

Que la température douce reviennent, c’est bien.

Tu vois… tout va bien. Sauf le rythme que l’on ne parvient toujours pas a dompter et les matins perdus car démarrés trop tard… On essaie mais il y a toujours quelque chose. Je vais finir par me résigner.

Et cet air de fêtard que je traine. Je me demandais si c’était l’age (et en écrivant ce mot sur le clavier japonais je me demande pourquoi la correction grammaticale automatique ne me propose pas l’accent circonflexe… rends toi compte de l’état de mon français… ) bon je disais est-ce l’age, mais comme les dames du cours de français ont cru que j’avais dans les 18 ans, alors je me pose encore plus de questions. Je suis sacrement balèze de partir a 16 ans de chez moi après avoir torché 7 années d’études supérieures… A quel age le bac ? Y a pas a dire, quelques boutons et pas de maquillage vous refaçonnent une vie. Ou alors c’est notre air décontracté, de gens pas enchainés à un travail, pas mariés, sans enfant ?

On essaie aussi de casser le mythe du français et de la France. Mais je ne sais pas si le message sera intégré définitivement. Surtout quand c’est Julien qui a fait les crêpes et qui se lève pour nous servir… alors faut les voir, elles donneraient tout pour vivre en France.

Pour l’heure nous sommes ici, et je vais vite profiter du beau temps au lieu de rester enfermée. Pleins de bises de cette ville un peu folle que j’ai bien du mal a dompter mais qui me chavire dans tous les sens. Ce qui n’est déjà pas si mal.

kanichi


22 janvier 2010

Chaton grognon

mimi

Ma chère Flora,

Ça y est, nous voilà vectorisés en un nouveau lieu, l’écart certes n’est pas très impressionnant, moins que la claque Cairns-Tokyo, il implique tout de même quelques modifications. Ici au moins je ne risque pas de croiser de tête connue !! (j’écris ça et tu vas voir que ça va m’arriver demain !). Les lieux, les rues, les coins de ville n’ont encore aucune familiarité, c’est étrange. Et arriver dans une nouvelle ville en hiver n’est pas forcément le meilleur moment … tu dois en savoir quelque chose, encore que tu as déjà passé du temps à Tokyo … en plein été ! Le froid nous freine, nous ratatine un peu, la nuit tombe si vite et les rues sont bien sombres (je suppose que bons nombres de lampadaires n’ont pas supportés l’épreuve de la neige et n’ont pas encore été remplacés, je n’exagère donc pas quand je parle de l’obscurité des rues). Aujourd’hui quand même le temps nous a sourit, un ciel bleu presque arlésien et du soleil qui chauffe tout l’appartement, charmant soit dit en passant, tu l’avais compris, du charme de l’originalité et de l’ancien, les inconvénients aussi … Mais trêve râleries, nous avons pu déjeuner dans la véranda, au soleil, je dois dire qu’on s’y croyait vraiment, qu’on s’la pétait grave !!! Tout le monde nous voit, c’est sure, les gens du vis-vis je veux dire, mais nous ne voyons personne, les fenêtres d’en face sont comme des miroirs. La Mimi par contre fait un peu la tête, elle n’a plus de grand volume à cavaler, d’escalier à dégringoler, de plantes à martyriser (elles sont en hauteur), c’est plus difficile de la mettre dans la rue et puis c’est vrai que ça sent le tabac froid. Pauvre minou. Heureusement les cartons et l’encombrement diminuent, des pistes de courses commencent à se dessiner … à condition de bien ouvrir les portes. Et puis à force d’encens, de bougies parfumées, de poisson frit et de pommes de terres à l’ail on va venir à bout de cette sale odeur ! Quand à moi, je fume dehors, sur le balcon, je suis irréprochable !


14 janvier 2010

Ça caille grave

feu

J’imagine que vous avez froid aussi… et ce ne sont ni les programmes tv ni le chauffage/clim qui nous rechauffent un peu. Heureusement de temps en temps on profite du soleil lorsqu’il parvient a traverser les hautes parois d’immeubles. Y a pas, on est plus habitués au froid. Et comme disent nos amis les danseurs Japonais qui ont vécu plusieurs années en France: « ça caille grave ! » ~ avec l’accent racaille c’est du plus bel effet ~

Bon sinon on ne s’ennuie pas. On fait des rencontres et on repense a Perth comme une vie absolument asociale. Un premier mois (presque) ici bien rempli, positivement. Seul petit hic: riches comme Crésus ( impôts Australiens recupérés hinhinhin…) et galérer pour payer son loyer parce que nos cartes ne marchent pas comme on le voudrait… pas marrant ! Donnez moi mes souuuuuuus !!!

Malgré le froid je me fais des glaces au macha assez souvent, j’en profite comme je peux ! Quand on ne cuisine pas on va dans des boubouis a Soba ou Udon pas chers, certes pas succulents non plus mais acceptables, au moins c’est chaud et ça rempli le ventre. Sushis pas trop souvent, c’est plus cher quand même… on reste 3 mois faut pas abuser.

Sur ce, je te laisse car je dois aller prendre un train pour aller visiter une école de danse contemporaine et faire office de cobaye dans un cours de Français. Prends soin de toi… et de R2D2. See ya !


7 janvier 2010

C’est pas trop tôt

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Finalement le temps était gris, très, plombé, il faisait si froid ! mes doigts étaient tout bleus, et le lieu vide sans lumière, sans chaleur encore, ne m’a guère inspiré. Aussi je ne vous offre que ce carton vide a remplir, déjà rempli depuis. Des photos viendront sûrement plus tard quand nous y seront vraiment et que de joyeux rayons de soleil illumineront notre belle véranda, véranda « à l’ancienne » s’il vous plaît, avec des carreaux colorés, rose, vert, jaune et des carreaux style « vitrail » avec des motifs géométriques et floraux. Une véranda pour accueillir les amis, discuter, prendre des thés dans des tasses minuscules, faire pousser du persil et de la ciboulette, et beaucoup d’autres choses encore.

Mais non di d’jou ! on a sué, on a raqué, on a signé et enfin on a les clés !!!! Et d’ici dix jours on dit au revoir au ciel bleu impitoyable de Arles, au mistral, aux Alpilles, à la Camargue, aux olives du marché et on dit bonjour aux rues enneigées ! Soulagés de partir avec tout de même une pointe de nostalgie, ce sont les meilleurs départs, et je parle à une connaisseuse !


5 janvier 2010

L’air de rien, 2010

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Ma chère Flora,

L’air de rien, dans la grisaille et la froidure, sans trompette ni tambour, 2010 a pointé son nez. Au moins c’est une dizaine, je lui trouve quelque chose de rond et dodu, que des chiffres pairs, un chiffre qui se coupe bien au milieu, l’an 1005, bien que je n’ai aucune idée d’un événement mémorable cette année là, au fin fond du moyen âge une époque pas folichonne. Maintenant 2010, la science fiction, déjà. Hors il y a bien une chose dont ne nous ont pas parlé les auteurs de SF, l’ont-ils sciemment omis pour ne pas briser leur effet, ni ont-ils pas pensé l’imaginaire plongé dans le fantastique ? Bref, la banalité. La science fiction est finalement très très banale, le ciel est toujours aussi gris, le brocoli a toujours le même goût, R2D2 déconne une fois sur deux en mode manuel et ‘tain, ça m’fait chier ! Et puis la notice est toute en english, rien qu’à l’idée j’ai la flemme d’aller voir, et puis j’arrive pas non à télécharger les photos sur l’ordi, c’est trop bête. C’est décidé, demain j’prends un aspirine et j’me cogne le mode d’emploi de la première à la dernière page. Ça m’apprendra à me croire plus maligne que la technologie de science fiction, na !

Bon, mais il ne faut non plus si tromper, comme ça j’ai l’air ronchon, j’ai l’air chiffon, chafouin cependant il n’en est rien. Je me laisse aller parce que je m’en veux d’avoir délaisser un peu Pensées-Images (j’avais pas de nouvelles photos, pas de vraie nouveauté à raconter), et puis les premiers jours de janvier tout le monde se dit « bonne année, bonne santé, poils au nez » et mon petit diable asocial de l’épaule droite se renfrogne, le v’la grognon, sale bête.

Et que fait l’ange de l’épaule gauche pendant ce temps là ? Il digère le gredin, le fois gras, la pintade farcie, le chocolat, les calissons, etc … Et puis l’ange de l’épaule gauche a certaine bonne raison pour se gargariser de contentement, mais de cela je parlerai … demain !

A demain donc !

Et tout de même, bonne année et meilleurs voeux à toutes les lectrices, à tous les lecteurs de Pensées-Images, et de gros bisous aux japonais !


19 décembre 2009

La fin, le début.

paspalmes

Ma chère Maïa,


2 jours sur la GBC (grande barrière de corail, enfin !) on a vu pleins pleins de poissons de coraux de trucs bizarres, l’eau était chaude, on a un peu bronzé mais pas pris de coups de soleil combinaison anti méduses oblige… EH oui, c’est la saison. On s’est fait piquer ce qui n’était pas enfermé c’est à dire la face les mains les chevilles. Et je me plaignais des mouches… Mis à part le fait que les 2 appareils aquatique loués avaient des taches à l’objectif et que ça m’a salopé toutes mes vidéos, et mis à part le fait qu’on a pas vu de tortue et que je suis très déçue, mis à part le fait que j’avais mal au bide… On s’est régalé ! Pas trop de monde sur l’île, pas trop de monde sur le bateau (mais quand même: une fille aux faux ongles noir avec « Chanel » en doré), pas eu mal au coeur, beau temps, eau limpide !

Voilà !!! C’est (presque) fini. Plus de kangourou, ni de willie wagtail ou autre nature sauvage… Plus de chaleur. Plus de mouche. Plus de trou dans la couche d’ozone. Plus de pleins de choses qui faisaient notre quotidien depuis 18 mois et en quelques heures: pouf, plus rien. Juste des souvenirs… ? Un semblant de rêve ? J’ai peur de cette sensation de doute… ai-je fait un long rêve ? Ne plus être certaine de rien. Si bien que même mes propres photographies ne seraient même pas une preuve. Tu crois ?

A nous le choc climatique, moins 30°C dans les dents ! Le compte à rebours commence… 3 mois à remplir de positif. Mode adaptation, production, création, réalisation, ça va bouffer de la péloche et du riz, j’te le dis !

Prépare les madeleines, on arrive.


12 décembre 2009

Pas d’ bol

zinzin

Ma chère Flora,

J’ENRRRAAAAGE !!!!!!!

Vois-tu, il y a quelques temps, une semaine à peu près, j’ai récupéré des négatifs déposés à l’école. Je me faisais une joie des les scanner, une bonne soirée en perspective pendant que Julien était au taï-chi, une petite musique cool et le chat dormant sur un coin du bureau. Seulement voilà … le scanner que nous avons est un peu … rustique et ancien, j’y avais pourtant trouvé un mode pour scanner les négas dans l’interface, formidable. Je mets donc mon adorable petit bout de film sur la plaque du scanner, je lui indique qu’il s’agit d’un négatif, sensibilité 160 iso, fuji, résolution 1200 dpi pour aller vite, high quality, et zoom ! je lance la prévisualisation. Le scanner me dit que la lampe chauffe puis lance la qualibration.

 » ttzzz, ttzzz, ttzzz, biiiiiiiiip ! game over !  »

?????????

 » You talk to me bloody scanner ?!? what’s your problem ?  »

Je n’ai toujours pas compris quel est son soucis. Il me dit exactement que le film est sur la plaque de verre et que cela ne va pas, mais comment faire autrement ?? Ou alors que la lampe tpo truc muche est mal placée ou kaput. Bref, me voilà refaite moi qui me faisais une joie de poster fièrement des photos toutes fraîches sur pensées-images. Et je n’ai plus non plus d’appareil numérique puisqu’on me les a tous les deux volés. Et j’en ai maaaarrrrre du surgelé, tu ne peux pas savoir !  Mais tant pis, aujourd’hui (encore) je mettrai une image réchauffée. Comme dit mon papa, mieux vaut manger des légumes surgelés ou en boite que pas de légume du tout.

Et puis à Lyon c’est tout pareil que le scanner de grand-papa. Pas moyen de trouver un toit digne de nous, mais qui sait, on fabrique aujourd’hui des mobile-homes très bien conçus (humour noir nécessaire). Pour finir le mistral s’est levé, souffle comme un dératé, ouvre les volet en pleine nuit, les fenêtres la journée et a défait mon brushing d’enfer. Rien ne va plus, faites vos jeux !

Crois moi, la vie de chat est bien la meilleure, promenade, joujou, câlin, ronron, croquettes, un caca qui pue et on recommence.

Et vive le Japon !

Banzaï.


4 décembre 2009

Eleven

bracelet

Ma Maïa,

Tout le contraire de la journée: soleil, rouge.

On fait du camping dans notre propre chambre.

Je dois continuer mon projet photo pour qu’il ne reste pas en suspens.

Dire adieu aux gens.

Et ne pas trop y penser.

Tout se bouscule ! Précipité de vie(s).

Le prochain message sera le dernier sur ce continent…

Mon Dieu je penche vers le Haïku. Nonon pas encore. Sautons faisons des bons de marsupiaux. Deci. Delà. Mais finalement. Finalement. La poésie la beauté qu’on recherche. Pareille ?

Parfois, de grandes idées et émotions, et puis rien pour les exprimer. Alors on tente. Et puis.

Silence.


27 novembre 2009

Atchoum

lit

Ma chère Flora,

Voici un lit, pas le mien exactement mais bon un lit est un lit et en photographie cela ne fait pas grande différence, on ne peut guère ici discuter l’identification de lit, mon repose microbes de ces derniers jours. Ha oui ! J’y ai bien sué sous mes couvertures. Malheureusement je n’y étais pas toute entière cachée, il faut bien respirer et mon visage était à l’air, aussi le mal est-il passé dans le seul endroit non couvert, mon talon d’Achile : le nez !!!

Ce n’est plus un nez c’est un pis de vache ! Ce n’est pas bien grave, le plus désagréable, la fièvre, le mal de tête, … est passé mais je n’ai quand même pas l’air fière. Imagine quand j’appelle à Lyon pour un appartement à louer :  » Bonjour Bonsieur, j’appelle pour l’addonce de l’appartebent à louer, il est encore dispodible ? … Je demande s’il EST ENCORE DISPODIBLE !!!! » Et hélas contre un nez qui coule il n’y a pas grand chose à faire sinon prendre son mal en patience, serrer les dents et les narrines, d’autant plus que demain nous faisons un petit marathon des visites d’appart’.  Je suis vraiment curieuse de la vue de nos prochaines fenêtres. Vivement qu’on soit dans les cartons !